© 2016 by Britivana - Charlène Gouëllo / Reproduction interdite.                                QUI SUIS-JE ?                                   La Chatterie de Britivana

A COEUR OUVERT

March 8, 2019

Coucou les Chamis,

 

J'espère que vous allez bien. :)

 

En cette journée de la femme, j'aimerais vous parler d'un sujet qui fait partie de ma vie : mon bégaiement.

J'en parle peu parce que je préfère aborder des sujets plus légers avec vous et surtout mettre mes chats en avant plutôt que moi. :)

 

Le 16 février 2014 je lançais le compte Instagram @cat_britivana et le 02 septembre 2014 la page Facebook Cat Britivana.

Déjà 5 ans ! 5 ans de partage avec vous, 5 ans de joie, de tristesse, de vie quotidienne partagée avec vous.

J'ai créé ces comptes parce que je débordais d'amour pour Chamallow et Ivana et finalement, l'aventure a continué chaque jour, chaque semaine, chaque mois, chaque année.

Vous avez suivi nos péripéties : déménagements, vacances, adoptions, naissances... Il s'est passé tellement de choses en 5 ans !

 

 

 

 

Depuis quelques temps, je me montre davantage au travers de vidéos comme "C'est au programme" ou "Wamiz" et je me sens "obligée" d'aborder avec vous mon "petit handicap" parce qu'il est très difficile pour moi de faire ces exercices oraux et pourtant, j'en ai envie.

 

Je me suis toujours battue pour atteindre mes objectifs. A l'école, les profs m'ont souvent fait des remarques. Ils me disaient que la vie allait être compliquée, que je devais vite régler ce problème... Je me souviens par exemple de mon prof de 5ème qui m'avait mis 10/20 en poésie parce que je l'avais mal récitée alors que je la connaissais par coeur et la même note à mon oral d'anglais à la fac...

Il faut savoir que pour moi, parler me demande beaucoup d'énergie car ma respiration est saccadée. Pendant mes oraux, j'avais la tête qui tournait par manque de souffle.

J'ai essuyé pas mal d'injustices pendant mon parcours scolaire ; un cadre scolaire qui n'est parfois pas adapté aux enfants qui "sortent du cadre". Mais il faut savoir, qu'aux yeux de la loi, le bégaiement n'est pas considéré comme un handicap, c'est peut-être pour ça.

 

Quand j'étais au collège, je ne pensais pas du tout travailler dans le marketing, ni dans le secteur animalier. D'ailleurs les réseaux sociaux n'existaient pas à l'époque. ^^

Puis, j'ai su saisir des opportunités et grandir avec. Tout ça m'a permis de faire mes preuves, de me découvrir des passions et d'en faire mon métier ! 

Le bégaiement a guidé ma voie professionnelle. Par exemple, être avocate ou journaliste m'aurait beaucoup plu. Mais pour cela, il faut être très à l'aise à l'oral. Pour trouver ma voie, j'ai donc dû faire des choix entre : ce que je veux faire et ce que je peux faire. 

 

Je vois mon bégaiement comme un handicap car pour moi, il m'empêche de vivre pleinement ma vie, bien qu'aujourd'hui, j'arrive à me dépasser. Un handicap, c'est quelque chose qui vous bloque par rapport aux autres, les gens "normaux". J'ai mis des années à décrocher le téléphone, laisser des messages sur le répondeur, aller chercher une baguette à la boulangerie, demander conseil à une vendeuse...

Il y a toujours cette peur du regard de l'autre parce qu'on connait ce regard de "qu'est-ce qu'elle me raconte", "trop bizarre", "je comprends rien" et ces pensées, je sais les lire sur le visage des gens. Plus on les connait, plus ça nous bloque parce qu'on en a marre de générer ce regard sur soi. 

J'ai tout essayé pour m'en débarrasser mais rien à faire, il est collé à ma peau. Parfois il est très présent, parfois moins.

Je me suis toujours dit que lorsqu'on a un handicap, soit on vit caché, on ne fait rien, soit on travaille doublement pour prouver qu'on a la même valeur que "les autres".

Et c'est cette deuxième option que j'ai choisie. 

Depuis toute petite, je m'étais fixée un bac+5 parce que j'aimais l'école et parce que je savais que la vie professionnelle était déjà compliquée quand on est "normal" alors avec mon bégaiement, je devais avoir un bagage plus solide. Je sais qu'à CV égal, les recruteurs préféreront la personne "normale". Et c'est humain. L'Homme a peur de ce qu'il ne connait pas.

Mais c'est aussi une forme d'injustice.

Alors depuis le début de mon expérience professionnelle, je donne le meilleur de moi-même pour prouver qu'on a bien fait de parier sur moi. :)

Pendant mes études, j'ai travaillé dans des fast-foods, des magasins de sport, dans l'éducation nationale, dans les banques et assurances.

A 20 ans, lors de mon expérience dans un magasin de sport, le directeur du magasin nous demandait de vendre un maximum de cartes fidélité. Je m'étais donnée le défi d'être celle qui en vendrait le plus dans le magasin, je voulais me prouver que je pouvais le faire. Défi relevé et j'étais trop fière de moi !

Encore aujourd'hui, c'est avec le coeur qui bat très fort que je vais en réunion, que je passe des entretiens, que je prends des rendez-vous... J'ai l'impression que chaque démarche est une épreuve pour moi et en fait, je vis tout simplement avec depuis que je suis petite. Certains d'entre vous m'ont parfois dit qu'ils m'avaient vue lors des Salons mais qu'ils n'avaient pas osé venir me voir. Sachez qu'entre vous et moi, c'est moi qui suis la plus stressée (et vous pouvez bien sûr venir me dire bonjour malgré tout) :))

 

Dans mon ancienne entreprise, j'avais convié le pdg et le directeur marketing pour leur présenter ce que je faisais à côté, je voulais être transparente avec eux. C'était une grosse épreuve pour moi : un oral et dévoiler ma passion, moi qui suis très réservée. Je me souviendrai toute ma vie de la réponse du pdg "T'y arriveras jamais". Sur le coup, j'avais été tellement choquée de sa phrase, j'avais préparé une trentaine de slides, on était simplement à la première. ^^ Mais voilà, dans la vie, on rencontre des personnes qui nous poussent dans nos retranchements, qui nous font douter, nous découragent... avec le recul, je veux simplement dire Merci à mon ancien boss car cette "phrase assassine" qui raisonne a multiplié par 4 ma motivation de réussir et de ne jamais baisser les bras. 

 

Quand on trouve sa voie, il ne faut laisser personne nous prouver le contraire. Parfois des personnes voudront vous décourager par jalousie, d'autres parce qu'elles ne comprendront pas votre passion mais on s'en fiche ! L'important, c'est ce que l'on veut et la façon dont on vit les événements.

 

Des moments de doutes, j'en ai depuis que je suis jeune. Ce n'est pas évident de prendre le recul nécessaire pour passer outre et avancer, quand on se sent différent des autres. Mais finalement, c'est ce qui fait notre force et "ce qui ne me tue pas me rend plus fort". :)

 

Ce que je retiens depuis toutes ces années c'est qu'il faut avancer pour soi et ne laisser personne nous décourager. On n'a qu'une vie après tout ! <3

A travers mes réseaux, je prône la bonne humeur, la joie de vivre, la mignonnerie. La pause douceur de votre journée parce qu'on en a tous besoin :)) Mes chats (et mon Bailey maintenant) sont devenus essentiels à ma vie et m'apprennent à lâcher prise. Le bégaiement contrôle souvent ma vie mais eux m'apprennent constamment à aller de l'avant, sans jugement. <3 

 

 

J'espère avoir été la plus transparente possible avec vous à ce sujet, un sujet qui n'a pas été évident de mettre à nu.

 

Je vous embrasse,

 

Charlène

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager sur Facebook
Partager sur Twitter
Please reload